François Geuze, Innovateur et Expert RH, mène des enquêtes de climat social depuis plus de 30 ans. Il nous explique aujourd’hui pourquoi le digital et la QVT sont selon lui compatibles.

« Le digital et la QVT (Qualité de Vie au Travail) sont deux choses parfaitement compatibles, mais la vraie question qu’il faut se poser est : comment allons-nous travailler à l’articulation des deux ? Ce n’est pas en ajoutant de la technologie que nous allons améliorer la QVT, mais c’est en cherchant à améliorer la QVT que nous allons amener de la technologie ! »

Digital et QVT : deux notions compatibles ? 

Pour François Geuze, aucun doute possible : la QVT et le digital sont totalement conciliables, s’ils sont bien orchestrés ! 

« Tout n’est qu’une question de priorité. L’objectif pour les entreprises n’est pas de se payer un gadget pour montrer à quel point ils sont modernes et à quel point la QVT compte pour eux. L’objectif est de repartir sur des interrogations justes et réelles. » 

Depuis plusieurs années, avec le développement des nouvelles technologies, un grand débat s’est formé autour de la question de l’Humain. Le digital nous rapproche-t-il ou nous éloigne-t-il les uns des autres ? De ce fait, comment est-il possible de penser qu’un sujet aussi humain que la Qualité de Vie au Travail puisse être associé au digital ? 

Pour notre expert, la technologie n’est pas quelque chose qui affecte la relation entre les individus. Bien au contraire, elle va permettre de renforcer cet aspect humain dans sa finalité.

« Hier, lorsqu’il fallait faire une enquête de type climat social, nous nous retrouvions avec  un ensemble de processus très chronophage pour récolter les informations. Maintenant, avec le gain de temps que nous avons grâce à la technologie, nous pouvons nous pencher sur l’analyse réelle de la situation. Nous pouvons désormais nous consacrer à des tâches beaucoup plus humaines et, par conséquent, consacrer plus de temps à l’interaction avec les collaborateurs. ».

Le digital au service de l’entreprise

Les avantages du digital sont nombreux, autant pour la réalisation d’enquêtes mesurant le bien-être des salariés dans l’entreprise que pour améliorer en interne le fonctionnement des équipes :

  • à des fins organisationnelles (avec par exemple l’utilisation d’agendas partagés comme Google Agenda)
  • à des fins de cohésion (avec les outils de discussion instantanée comme Slack).

Des actions QVT plus simples et plus rapides…

Le digital permet de rendre les actions plus simples et surtout rapides. Prenons l’exemple des enquêtes menées pour mesurer la QVT au sein des entreprises : sans la digitalisation tout cela serait extrêmement fastidieux, d’autant plus pour les enquêtes menées à grande échelle pour de grandes filiales ou de grands services. 

« Une fois que la technologie a permis de faire ressortir tous les résultats d’une enquête, c’est aux managers et aux DRH de s’approprier les résultats et de travailler en interne sur les pistes d’amélioration avec les collaborateurs, les services et les partenaires sociaux en se posant les bonnes questions. Cette logique de transformation numérique est là pour favoriser une véritable action derrière. Les technologies comme celles de Moodwork sont à la fois différentes et complémentaires. Si nous voulons que cela fonctionne, il y a une logique de diagnostic au préalable. L’utilité doit être là et le besoin doit être un minimum formalisé. S’il n’y a pas cela, quelle va être l’action derrière ? »

… qui appellent une réaction rapide de l’entreprise

François Geuze souligne un point important : les outils technologiques permettent de donner les clés à l’entreprise pour qu’elle s’améliore. Néanmoins, lorsque les collaborateurs sont sollicités et expriment leurs ressentis sur le sujet de la QVT, il est impératif que l’entreprise soit extrêmement réactive et réalise des actions par la suite. Autrement, des dissonances vont se créer… des dissonances négatives pour l’outil et pour la QVT.

Les nouveaux enjeux de la QVT

À l’heure où la QVT fait de plus en plus parler d’elle, les enjeux pour les entreprises se multiplient. Selon François Geuze, il y a deux enjeux majeurs liés à la transformation digitale qu’il est crucial d’aborder ! 

« Se réapproprier le travail réel »

« La fonction Ressources Humaines doit se réapproprier le travail réel. D’une certaine façon, nous voulons anticiper les impacts de la digitalisation sur les métiers avec des choses comme l’intelligence artificielle ou la place des réseaux sociaux. Pour voir comment cela va venir modifier certains métiers, nous devons avoir une véritable vision du travail. Quand je parle de se réapproprier le travail réel, il s’agit de dépasser les logiques de compétences et de redescendre au niveau de la tâche. Se réapproprier le travail réel est essentiel et cela veut dire qu’en tant que RH, il faut être capable d’aller regarder en détail le travail, l’organisation et repenser les flux. ».

Interroger les données avec un esprit critique

« Le deuxième point traite du réapprentissage de l’esprit critique. Nous allons disposer d’outils de plus en plus sophistiqués. Ces outils offriront des fonctionnalités de plus en plus sympathiques notamment dans toute l’analyse de données et de situations. C’est une lecture extrêmement mathématique et statistique des situations. Quand nous regardons bien, le Machine Learning consiste en de la statistique pure et dure. Néanmoins, il ne faut pas oublier qu’une statistique peut également se tromper : c’est de la représentation des données. Ce qui veut dire que nous ne pouvons pas accepter de suivre aveuglément et directement les préconisations de la machine. Nous ne sommes pas sa prolongation ! Nous devons nous ré-approprier et réinterroger avec un esprit critique, les informations de la machine avec un esprit critique. ».

Qu’en est-il du droit à la déconnexion ?

Si le digital et la QVT sont parfaitement compatibles, lorsque le sujet du digital en entreprise est abordé, la question du droit à la déconnexion découle forcément.  François Geuze nous explique que pour lui, le droit à la déconnexion n’est pas totalement à propos lorsqu’il s’agit d’outils pour améliorer le bien-être au travail. « Il est question d’associer ces outils à la remontée d’informations quant à la qualité de vie au travail dans l’entreprise. Ce sont des outils qui sont pour les salariés et pour qu’ils se sentent bien. »

L’irremplaçable rôle de l’humain

Si le digital va certes être au service de l’entreprise et permettre de nombreuses avancées dans le fonctionnement de celles-ci, l’idée d’une « technologie miracle » est à oublier. Les outils digitaux ne feront pas le travail à la place des managers ou des DRH. La multiplication des possibilités offertes par la technologie nécessite d’avoir une prise de recul humaine bien plus importante afin d’être efficace.

Le bien-être de vos salariés est une priorité ? Découvrez Moodwork !