Les entreprises ont toujours prôné une excellence de leurs savoir-faire et de leurs talents, valorisant chaque effort menant à la performance et encourageant de fait la quête de perfection. Organisationnel ou personnel, le perfectionnisme est en forte augmentation tout comme le démontre une récente étude : les jeunes générations estiment que leur niveau d’exigence envers elles-même, envers les autres et que ce que l’on attendait d’elles étaient en hausse. Pour autant, de nombreux spécialistes démontrent que “faire” est mieux que “parfaire”, tant pour notre productivité, pour notre efficacité et pour notre bien-être général. Comment peut-on alors entretenir une relation plus saine avec le perfectionnisme ?

Le perfectionnisme, ennemi de la productivité et de la dynamique de groupe

Selon le psychologue Tal Ben-Shahar, le perfectionnisme peut se définir par une recherche mal adaptée de la réussite, dictée par des standards erronés et inatteignables. Pour le perfectionniste, l’échec ne peut se concevoir, tout comme les émotions négatives qui en découlent.

Principale conséquence ? Cette conception s’oppose à la productivité. Nourrir des normes irréalistes rend pratiquement impossible la réalisation de n’importe quelle tâche. Tout d’abord, commencer son travail se révèle être une réelle épreuve car une personne soucieuse de la perfection ne s’engagera pas pleinement dans une tâche sans la certitude d’adopter la bonne manière de faire. Aussi, la qualité même du travail fourni peut manquer de créativité et d’innovation car essayer de nouvelles choses et prendre des risques sont des mesures trop incertaines pour les perfectionnistes.

Un perfectionniste peut nourrir aussi de trop grandes exigences par rapport à l’autre, entraînant régulièrement de la déception à propos de réalisations qu’il peut juger médiocre à son goût. Or, le soutien, la cohésion, l’entraide sont des valeurs indispensables pour créer un environnement propice à la performance et à la croissance. 

Le perfectionnisme, ennemi du bien-être

Poursuivre des tendances perfectionnistes force le corps et les capacités cognitives à rester continuellement sous tension. Si chaque erreur doit être évitée, chaque décision optimisée, chaque réussite minimisée, les ressources s’épuisent. Poursuivre un modèle ne menant qu’à la perfection enferme tout à chacun dans une rigidité où l’estime et la confiance en soi ne peuvent se développer. Pour s’épanouir au travail, il faut certes apprécier faire un bon travail, mais il faut savoir entretenir sa fierté et sa satisfaction personnelle. 

Accompagner et réduire les tendances perfectionnistes

Que ce soit pour soi, pour ses collègues ou pour son équipe, de petites actions peuvent limiter la tendance au perfectionnisme : 

Rester objectif

Un bon travail doit être considéré au travers de la qualité du résultat compte tenu des circonstances de productivité. 

Souligner les efforts

Face au perfectionnisme, il est nécessaire de faire preuve de bienveillance et de porter une attention particulière à la créativité, aux innovations, aux prises de risque entreprises même si celles-ci n’ont pas porté leurs fruits !

Soutenir

Se tromper et échouer fait parti des règles du jeu, il faut alors prendre le temps de comprendre ce qui n’a pas fonctionné pour se réorienter en vue du prochain essai !

Relativiser le perfectionnisme ne veut pas dire qu’il faut prôner la médiocrité. Il est nécessaire de réaliser son travail de la meilleure manière possible, mais tout en gardant à l’esprit que l’erreur fait partie de l’équation et que celle-ci ne définit pas la valeur de quiconque, ni professionnellement, ni personnellement.

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Quelques références sur le perfectionnisme

  • Ben-Shahar, T., & Collon, H. (2011). L’apprentissage de l’imperfection. Belfond.
  • Curran, T., & Hill, A. P. (2019). Perfectionism is increasing over time: A meta-analysis of birth cohort differences from 1989 to 2016. Psychological Bulletin, 145(4), 410.