Dans le contexte de la crise de la COVID-19, il n’a jamais été aussi important de surveiller la sécurité et la santé au travail. Elles sont essentielles et doivent être garanties par l’employeur sous peine de conséquences pour le salarié mais aussi pour les entreprises. Pour cela, il est nécessaire de mettre en place une démarche de prévention des RPS.

Alexandre Bonhomme Deveycx, psychologue du travail, spécialiste des RPS

Au travers de cet article, Alexandre Bonhomme Deveycx, psychologue et clinicien du travail chez Moodwork, fait un focus sur les risques psychosociaux (RPS) et leurs effets !

Quels sont les Risques Psychosociaux (RPS) et d’où viennent-ils ?

Les risques psychosociaux, aussi appelés RPS, comptent parmi les problèmes les plus difficiles à résoudre en matière de sécurité et de santé au travail.

Les RPS : définition

Les risques psychosociaux regroupent l’ensemble des risques que vont pouvoir potentiellement rencontrer les salariés et agents sur leur lieu de travail. Il s’agit d’un terme très générique qui va lui-même se catégoriser en plusieurs types de risques : on y retrouve les risques physiques, les risques psychologiques, et les risques chimiques. Plus généralement, il s’agit de tout ce qui peut porter atteinte à l’intégrité physique, psychologique, et à la santé du travailleur.

À l’aide de cette définition, il est donc clair que bon nombre d’éléments peuvent porter préjudice à un salarié, passant du burn-out à la brique qui tombe sur la tête de l’ouvrier par exemple.

Les conditions de travail pouvant provoquer des RPS

Voici quelques exemples de conditions de travail pouvant entraîner des risques psychosociaux importants :

  • Une communication inefficace
  • Des charges de travail excessives
  • Des changements organisationnels mal gérés
  • Des exigences contradictoires et un manque de clarté sur la fonction à remplir
  • La non-participation des salariés aux décisions les concernant
  • L’insécurité de l’emploi
  • Le manque de soutien de la direction
  • Le harcèlement psychologique et/ou sexuel 

Quels sont les effets des RPS sur le travail et la santé ?

Les RPS vont avoir des impacts très variables sur la santé et peuvent provoquer des situations catastrophiques. De nombreuses affaires impliquant une mauvaise gestion des RPS, sont prises en considération depuis quelques temps. 

Les conséquences des RPS pour les salariés

Globalement, les RPS peuvent provoquer plusieurs types d’effets indésirables :

  • Les troubles psychologiques, la plupart du temps déclenchés par la pression et les nombreux paradoxes du milieu du travail.
  • Les troubles sur la santé comme les maladies chroniques apparaissant sur des personnes exposées à des substances dangereuses (amiante, rayonnements, poussières industrielles et chimiques, etc.). 
  • La détresse psychologique au travail (dépression, épuisement, mal être, etc.)

À titre d’exemple, la répétitivité du travail des employés de caisse est un RPS majeur, car la pression qui pèse sur ces salariés, cumulée au rythme de travail effréné et à la complexité de la tâche, peut à terme entraîner des pratiques de repli social, voire des dépressions.

Les conséquences des RPS pour les entreprises

Côté organisation, la santé et la résilience de celle-ci peuvent être affectées par l’absentéisme, un turnover élevé, la baisse de productivité ou encore par un désengagement des salariés. Il existe en effet de nombreuses preuves, et un consensus raisonnable au sein de la communauté scientifique, sur la relation entre les risques psychosociaux et la santé de l’entreprise.

La surcharge de travail peut être à l'origine des RPS

Comment les risques psychosociaux sont-ils encadrés en entreprise ?

Plusieurs dispositifs pour maîtriser les RPS

Les risques psychosociaux ne sont pas pris à la légère par l’État, qui a mis en place une politique volontariste de réduction des RPS, notamment à travers les plans de prévention nationaux (plateforme SPS pour le COVID, normes ISO, etc.) et le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP).

L’objectif ? Pousser les entreprises à mettre en place des politiques volontaristes de gestion des risques afin d’éviter les grands scandales des années 80/90/2000, tels que l’affaire Orange (2007), ou encore le scandale de la vache folle (1997).

Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP)

Aujourd’hui relativement bien implanté dans la fonction publique et le milieu associatif, ce document prend le temps, tous les ans, de revoir la totalité des risques potentiels sur le lieu de travail, dont font partie les RPS, et de trouver des solutions rapidement pour éviter tout accident. Ce travail n’est pas à prendre à la légère car il permet aux entreprises de savoir où elles en sont et de s’améliorer. 

Ainsi, cela pousse chaque organisation à se demander « comment améliorer la sécurité et la qualité de vie au travail de mes équipes ? », ce qui n’était pas forcément le cas avant la mise en place du DUERP.

Quelques conseils à suivre pour remplir efficacement le DUERP !

Impliquer les salariés

La meilleure façon de prévenir les RPS est de les anticiper ! En cela, le DUERP est un dispositif efficace s’il est fait avec rigueur et attention. De même, construire un document qui fait état des différents risques et tente de les juguler n’est pas suffisant si personne ne le respecte. Il est donc capital de faire participer les salariés à sa construction, notamment grâce à des réunions où les parties prenantes débattent et donnent leur avis.

Impliquer le management

Certes, il est facile pour les grandes entreprises de se dire que leur structure est trop grosse pour tout voir : dans ce cas, il peut être judicieux de faire intervenir les cadres de proximité dans la construction du document, qu’ils supervisent avec leurs équipes. Le document sera d’autant plus complet et proche de la réalité du terrain.

Si vous souhaitez plus d’informations sur la bonne manière de construire votre DUERP, vous pouvez également lire notre article sur le sujet

Le bien-être de vos salariés est une priorité ? Découvrez Moodwork !