Moodwork
Le Lab RH

Les actifs savent-ils correctement estimer leur risque de burn out ? Pour répondre à cette question cruciale, nous avons mené une large campagne de sensibilisation sur testmyburnout.com. Les premiers chiffres sont significatifs : 1/4 des actifs n’arrivent pas à estimer correctement leur risque de burn out. Il existe donc un décalage entre l’estimation faite par les actifs concernant leur risque de burn out et leur situation de burn out réelle. Les premières conclusions ne s’arrêtent pas là, elles mettent aussi en lumière le déni face au burn out dans lequel les personnes en souffrance évoluent. Mais, pourquoi les actifs sont-ils dans le déni face au burn out ? 

400 000 personnes concernées par le burn out en France 

Rappelons que le burn out est un trouble caractérisé par trois facettes : l’épuisement professionnel, le détachement émotionnel ainsi que la perte d’épanouissement et d’efficacité professionnelle. Les conséquences sont palpables et concernent tant l’estime de soi, la dégradation des relations interpersonnelles, la performance au travail que la santé physique du salarié. Le burn out est un mal principalement lié au monde du travail et est susceptible de toucher toutes les personnes exerçant une activité professionnelle.

Le burn out ne cesse d’augmenter et le phénomène se confirme année après année.  François Ruffin, député de la Somme, a avancé début 2018 lors de débats à l’Assemblée Nationale que plus de 400 000 personnes par an sont concernées dans l’hexagone par le nouveau mal professionnel du siècle.

Par ailleurs, Pascal Chabot, auteur de Global burn-out, considère que l’expansion du burn out chez les salariés est “lié aux questions du progrès, de la technologie et des envies” qui parcourent notre société et y reflète “certaines [de ses] valeurs excessives : son culte du plus, du trop, de la performance”.

L’enquête menée par Moodwork : les actifs et leur perception du burn out

Grâce au Job Burnout Inventory (J.B.I), test créé par nos chercheurs spécialisés en science comportementale et en psychologie, nous avons pu quantifier le décalage entre l’estimation que les actifs font de leur risque de burn out et leur état de santé réel. Après 2 mois d’enquête, les premiers chiffres issus de l’étude effectuée sur un panel de 7 524 actifs sont les suivants :

  • 25 % des actifs interrogés n’arrivent pas à estimer correctement leur risque de burn out. Autrement dit, un quart des actifs sous-estiment ou, plus occasionnellement, sur-estiment, leur risque de burn out ;
  • 73 % des actifs interrogés présentent un risque élevé de burn out dès lors qu’ils envisagent souffrir d’un burn out. En d’autres termes, les signaux précurseurs du burn out sont très mal identifiés par le travailleur qui se rend compte de son risque de burn out trop tard. Difficile, donc, de limiter les conséquences néfastes en amont ;
  • 12 % des actifs évalués en situation de burn out ne s’estiment pas du tout concernés par le sujet. Ce chiffre illustre le déni dans lequel les personnes souffrant d’un burn out sont susceptibles d’évoluer. Le déni face au burn out peut masquer les ressentis et émotions révélateurs du mal être chez l’individu, tout comme biaiser l’évaluation objective que ce dernier pourrait faire de sa situation.

L’enquête menée par le Lab RH : le déni face au burn out

Le Lab RH (ici pour en savoir plus) et ses chercheurs (Alexis Akinyemi et Laurène Houtin) ont mené une étude complémentaire pour apporter une explication aux phénomènes observés, et plus précisément concernant le déni face au burn out. 288 participants ont expliqué le burn out en s’imaginant eux-mêmes dans cette situation ou en imaginant une autre personne. Dans les deux situations, le burn out était perçu comme dangereux pour la santé. Par ailleurs, les résultats montrent que :

  • Les individus estiment leurs capacités de contrôle d’un burn out supérieures de 26 % par rapport à celles d’autrui dans la même situation. En d’autres termes, l’individu considère qu’il peut davantage agir sur sa propre situation de burn out qu’autrui.
  • Les individus estiment à 15 % de moins leur besoin d’aide pour gérer un burn out qu’autrui dans la même situation. Ce chiffre illustre une surestimation des ressources que l’individu s’attribue pour se protéger et gérer sa propre situation.

Aussi, bien que les individus reconnaissent la dangerosité du burn out, ils se perçoivent à tort comme la cause de leurs difficultés. Pour éviter d’être perçus comme défaillants, ils tendent à nier et à minimiser leur burn out.

Les premiers chiffres issus de ces études soulignent bel et bien à quel point le décalage entre la perception du risque de burn out et le risque réel est préoccupant. Les actifs demeurent en difficulté lorsqu’il s’agit d’évaluer leur propre risque ; phénomène renforcé par une tendance à nier la présence du burn out par protection de l’estime de soi et par surestimation de leurs capacités à y faire face par rapport à autrui. 

Or, pour réduire le nombre de personnes souffrant de ce trouble, celles-ci doivent impérativement être sensibilisées et responsabilisées. Les entreprises doivent s’informer et informer leurs collaborateurs des signaux précurseurs caractérisant le burn out et de l’étendue de ses conséquences délétères afin de démocratiser les bons réflexes de prévention mais surtout, de les protéger.

Vous voulez en savoir plus ? Par ici pour télécharger l’étude dans son intégralité !

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