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Éco-anxiété au travail : quel impact sur la santé mentale des salariés ?
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Éco-anxiété au travail : quel impact sur la santé mentale des salariés ?

Une étude inédite Moodwork auprès de plus de 1 000 salariés français révèle l'ampleur de l'éco-anxiété et ses effets sur la santé mentale au travail.

Crises climatiques à répétition, dérèglement environnemental, sentiment d'urgence permanente…

La question écologique s'impose aujourd'hui comme une préoccupation majeure, bien au-delà de la sphère privée. Elle influence profondément nos émotions, nos comportements et, de plus en plus, notre rapport au travail. C'est dans ce contexte que Moodwork a mené une étude inédite en France sur l'éco-anxiété des salariés et ses liens avec la santé mentale au travail. Les résultats mettent en lumière un phénomène encore sous-estimé, mais aux conséquences bien réelles pour les individus comme pour les organisations.

L'éco-anxiété : un enjeu de santé mentale émergent en entreprise

L'éco-anxiété désigne l'ensemble des émotions négatives ressenties face aux changements climatiques et aux crises environnementales. Bien qu'elle ne fasse pas encore l'objet d'une définition clinique officielle, elle est généralement décrite comme une détresse psychologique liée aux inquiétudes environnementales. Jusqu'à présent, la majorité des études se concentraient sur ses impacts individuels. Pourtant, les conséquences de l'éco-anxiété se manifestent aussi dans la sphère professionnelle : fatigue émotionnelle, perte de sens, stress chronique, voire désengagement. Face à ce constat, Moodwork a souhaité répondre à une question centrale : quel est l'impact de l'éco-anxiété sur la santé mentale des salariés et sur la vie des organisations ?

Une étude inédite menée auprès de plus de 1 000 salariés français

Pour explorer cette problématique, Moodwork a conduit une enquête nationale auprès de 1 026 salariés français, âgés de 18 à 70 ans, issus de secteurs, de niveaux hiérarchiques et de profils variés. Une méthodologie rigoureuse et scientifique L'étude repose sur des outils psychométriques validés scientifiquement, permettant de mesurer de manière fiable : le niveau d'éco-anxiété, le risque de burnout, le niveau de stress professionnel. L'éco-anxiété a notamment été évaluée à l'aide de la Health Eco-Anxiety Scale (HEAS), référence internationale en la matière. Cet outil mesure quatre dimensions clés : les symptômes affectifs (peur, tristesse, colère face au climat), la rumination (pensées envahissantes liées à l'écologie), les symptômes comportementaux (impact sur le sommeil, le travail, la motivation), l'anxiété liée à son propre impact environnemental.

Enseignement n°1 : plus d'un salarié sur dix est fortement éco-anxieux

Premier constat marquant de l'étude : 10,3 % des salariés présentent un niveau d'éco-anxiété élevé à très élevé. Ces salariés décrivent une inquiétude quasi permanente, pouvant se traduire par des troubles du sommeil, des crises d'angoisse, des symptômes anxieux ou dépressifs. Dans les situations les plus extrêmes, l'éco-anxiété peut conduire à des arrêts de travail, voire à des démissions, soulignant son impact direct sur la vie professionnelle. Femmes, générations, profils : qui est le plus concerné par l'éco-anxiété ? Contrairement aux idées reçues, l'éco-anxiété ne touche pas uniquement les plus jeunes. Des différences de genre Les femmes présentent en moyenne un niveau d'éco-anxiété supérieur de plus de 10 % à celui des hommes. Toutefois, elles ne sont pas plus nombreuses parmi les profils les plus sévèrement touchés, ce qui suggère une plus grande sensibilité au phénomène, sans nécessairement un impact psychopathologique plus fort. Un phénomène transversal aux âges L'étude montre que l'éco-anxiété concerne toutes les classes d'âge, avec une intensité maximale chez les 25-35 ans. Les salariés de plus de 50 ans sont, quant à eux, moins touchés en moyenne.

Enseignement n°2 : un lien fort entre éco-anxiété, stress et burnout

L'un des apports majeurs de l'étude réside dans la mise en évidence d'un lien direct entre éco-anxiété et santé mentale au travail. Plus le niveau d'éco-anxiété augmente, plus le stress professionnel et le risque de burnout augmentent. Les salariés les plus éco-anxieux présentent un risque de burnout multiplié par deux et un niveau de stress professionnel deux fois plus élevé. Ces résultats posent une question clé pour les entreprises : l'éco-anxiété doit-elle être considérée comme un nouveau risque psychosocial (RPS) ?

Enseignement n°3 : les managers, une population particulièrement à risque

Autre enseignement fort : les managers sont surreprésentés parmi les salariés éco-anxieux. Leur niveau moyen d'éco-anxiété est 7 % plus élevé que celui des non-managers. 52 % des salariés éco-anxieux sont managers, alors qu'ils ne représentent qu'un tiers de l'effectif total. Pris entre leurs convictions personnelles et les contraintes économiques de l'entreprise, les managers jouent un rôle clé. Ils sont à la fois porteurs de sens, relais des politiques RSE et garants du bien-être de leurs équipes, ce qui peut renforcer leur vulnérabilité émotionnelle.

Éco-anxiété et engagement : un facteur clé d'attractivité et de rétention

L'étude met également en évidence un lien fort entre éco-anxiété, valeurs personnelles et rapport à l'entreprise. 55 % des salariés souhaitant quitter leur entreprise déclarent que cette décision est liée à des considérations écologiques. L'engagement environnemental de l'entreprise devient un critère différenciant majeur dans le choix d'un employeur. Loin d'être un simple sujet de communication, la RSE et les actions environnementales influencent directement l'engagement des collaborateurs, l'attractivité de la marque employeur et la fidélisation des talents. Un engagement environnemental encore jugé insuffisant Malgré des attentes fortes, les salariés estiment que l'action des entreprises reste limitée. Moins de 60 % déclarent que leur entreprise agit régulièrement pour l'environnement. Les actions se concentrent principalement sur le tri des déchets. Les initiatives de sensibilisation, de mobilité durable ou de réduction de l'empreinte numérique restent marginales. Ce décalage entre convictions individuelles et actions perçues peut accentuer le sentiment d'incohérence et, in fine, renforcer l'éco-anxiété.

Cinq leviers d'action pour les entreprises

L'étude identifie plusieurs leviers concrets pour agir efficacement.

  • Intégrer l'éco-anxiété dans les indicateurs de bien-être et de QVCT.

  • Former et sensibiliser les collaborateurs, en particulier les managers.

  • Impliquer le CSE dans les enjeux écologiques.

  • Proposer un accompagnement psychologique adapté.

  • Développer des indicateurs de performance liés à l'engagement environnemental.

Ces actions permettent de transformer l'éco-anxiété en levier de mobilisation, plutôt qu'en facteur de souffrance.

Transformer l'éco-anxiété en opportunité collective

L'éco-anxiété n'est pas nécessairement un mal à éradiquer. À un niveau modéré, elle peut devenir un moteur d'engagement, favorisant l'action collective et la transition vers des pratiques plus responsables. Pour les entreprises, l'enjeu est clair : prendre en compte l'éco-anxiété, c'est agir à la fois pour la santé mentale des salariés et pour la performance durable de l'organisation.

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