Les signes du burn-out : comment mieux les repérer pour mieux le combattre ?
Le burn-out est devenu un sujet important dans le monde du travail en France... mais que peu de personnes maitrîsent réellement
Introduction
En France, nous avons encore du mal avec le mot burn-out, qui peut parfois être utilisé à outrance et dans des situations qui ne correspondent pas à la réel définition de ce syndrome
Le burn-out, c’est la dernière phase de l’épuisement professionnel : c’est lorsque notre corps n’est même plus capable de sortir du lit pour aller travailler ! La fatigue s’est accumulé, le repos n’est pas assez suffisant et le corps finit par lâcher.
Ce craquage arrive après un long processus pendant lequel la santé se détériore graduellement jusqu’à atteindre le stade d’épuisement professionnel, et dont le burn-out est la conséquence. À ce stade, notre corps nous envoie des signes pour nous alerter sur notre état de santé, c’est ce qu’on peut donc appeler, des signes de burn-out. Cependant, il peut être difficile de les reconnaître, que ce soit chez les autres et encore plus, quand on souffre nous même de ce syndrome. Être à l’écoute de son corps et être attentif aux comportements d’autrui sont nécessaires afin de mieux repérer les signes du burn-out.
Il est important de noter que le burn-out est un mal qu’il faut combattre à la source. La prévention est la meilleure des solutions et il ne faut pas attendre de voir des signes de potentiel burn-out pour agir. C’est un combat constant et important pour préserver la santé de tous !
L’épuisement professionnel : signe de burn-out
L’épuisement professionnel est l’état qui va précéder le burn-out. Il se décompose en 3 formes d’épuisement : l’épuisement physique, l’épuisement émotionnel et enfin, l’épuisement cognitif.
L’épuisement physique
L’épuisement physique se traduit par une fatigue physique importante, constante et par des douleurs notamment au dos ou aux poignets. Même les activités, pourtant habituelles, de la vie quotidienne deviennent plus difficiles à réaliser et finissent même par devenir envahissantes !
L’épuisement physique peut donc être un signe de burn-out qui pourrait être considéré comme le signe le plus simple à repérer car ses symptômes sont plus visibles que pour les autres formes d’épuisement.
L’épuisement physique peut également provoquer des comportements «inhabituels» comme le fait de s’endormir au bureau (pouvant signifier une fatigue importante ou des difficultés à trouver le sommeil), en plus de certains gestes qui peuvent signifier des douleurs physiques comme un frottement régulier des yeux ou le fait de se tenir le dos trop souvent.
Des comportements qui traduisent donc un mal-être physique important chez un collaborateur et qui peuvent être des signes d’un futur burn-out.
L’épuisement émotionnel
La difficulté à contenir et à maîtriser ses émotions, notamment les émotions négatives telles que la colère, la frustration ou encore l’impatience peut être liée à l’épuisement émotionnel. Ces émotions négatives sont exacerbées au travail et peuvent prendre le dessus, même pour des événements anodins et aux conséquences pourtant mineurs : on parlera alors d’irritabilité accru qui est une forme d’épuisement émotionnelle et signe d’un potentiel burn-out.
Tout comme la dépersonnalisation qui est un symptôme de psychologie dissociative où il y aurait sensation persistante de détachement de son propre corps et de ses propres processus mentaux et même où l’on ne se sentirait même plus acteur de sa propre vie !
Ces comportements se déclenchent souvent à cause d’une un charge émotionnelle trop importante, qui peut être provoquée par un stress constant en entreprise ou par une accumulation de désillusion et de fausses promesses. Une charge émotionnelle trop lourde qui peut conduire à cet épuisement émotionnel et donc au burn-out avec de graves conséquences sur la santé, parfois irréversible !
L’épuisement cognitif
Un épuisement cognitif se signale par le biais d’une difficulté récurrente à se concentrer sur des tâches encore une fois quotidiennes et anodines.
Une difficulté inhabituelle qui se cumule également avec une perte de mémoire pouvant entraîner plusieurs oublis, notamment de certaines tâches importantes de la vie personnelle ou professionnelle, et enfin une baisse générale des capacités intellectuelles.
Les impacts de l’épuisement professionnel sur la santé : les premiers signes du burn-out
Les signes physiques du risque de burn-out
Les troubles du sommeil
Les troubles du sommeil sont un symptôme commun de l’épuisement professionnel et d’un potentiel burn-out. Ils peuvent varier d’une personne à l’autre mais on retrouve notamment des difficultés à s’endormir, les réveils nocturnes fréquents, ou encore l’insomnie. Les cauchemars peuvent devenir plus fréquent et deviennent un signe de stress émotionnel et de surmenage liés à un potentiel burn-out. Ces troubles du sommeil peuvent affecter considérablement la qualité de vie. On devient moins productives, plus fatiguées et plus irritables.
La sensibilité accru au maladie
L’épuisement professionnel peut également affaiblir le système immunitaire et nous rends plus sensibles aux maladies. En effet, un état surmenage induit un niveau élevé de stress chronique qui peut affaiblir le système immunitaire et rendre plus difficile la lutte contre les infections. L’épuisement professionnel provoque des difficultés à trouver l’énergie nécessaire pour maintenir le système immunitaire à un niveau optimal. Par conséquent, les maladies infectieuses telles que les rhumes, la grippe ou les infections virales peuvent avoir des conséquences plus graves lorsqu’on est touché par un épuisement professionnel important, et la guérison peut également prendre plus de temps.
Une fatigue général du corps
Les douleurs physiques récurrentes sont d’autres signes d’épuisement professionnel et de futur burn-out. Le travail peut être à l’origine de différentes douleurs corporelles, notamment au dos, aux articulations mais aussi aux yeux à cause des écrans.
Les signes mentaux du risque de burn-out
Nous avons mentionné l’irritabilité accrue ainsi que la dépersonnalisation mais l’épuisement professionnel peut avoir des effets néfastes sur la santé mentale en provoquant une cascade de pensées négatives. On peut se sentir constamment submergées par la charge de travail ou encore anxieux et stressés, ce qui peut déclencher des pensées noires et des scénarios catastrophiques qui alimentent une boucle de réflexion négative.
D’autres soucis s’accumulent, avec ici les capacités cognitives. Il peut y avoir des difficultés pour se concentrer, se motiver et prendre des décisions, ce qui peut exacerber l’état de stress et de détresse mentale.
En effet, pendant le stade d’épuisement professionnel, nous allons avoir tendance à ne plus croire en nos capacités. L’autocritique est souvent bénéfique, mais ici, elle devient excessive et contre productive. Pire, elle alimente même d’autres sentiments négatifs tels que les sentiments d’impuissance et d’inefficacité au travail. En résumé, un manque de confiance en soi et envers ses aptitudes, très souvent exagéré et qui n’a tout simplement pas lieu d’être.
Les signes de burn-out au travail
Nos fonctions cognitives deviennent beaucoup moins performantes lorsqu’on est victime d’épuisement professionnel. Cela affecte notre capacité à être performant sur le lieu de travail. Des signes forts qu’il faut savoir repérer.
Des soucis de mémoire et de concentration
L’épuisement professionnel peut donc causer des ravages dans la vie professionnelle d’une personne, avec des effets négatifs sur la mémoire et la concentration. Les personnes proches du burn-out vont avoir des difficultés à se concentrer sur des tâches simples, et auront également du mal à retenir des informations importantes. Ceci est notamment dû à la fatigue chronique ainsi qu’au stress constant subi.
L’isolement social
L’isolement social est un autre signe de burn-out et surtout un impact de l’épuisement professionnel qui peut rendre la vie en entreprise et personnelle extrêmement difficile. Le télétravail est souvent considéré comme un moyen de travailler de manière autonome et de se libérer des distractions du bureau, mais il peut également exacerber l’isolement social en accordant un manque d’interactions sociales avec les collègues et les clients. Le sentiment de solitude peut être accentué par l’absence de collègues avec qui discuter et échanger, ainsi que par une réduction des interactions sociales dans la vie quotidienne.
En outre, il y a une tendance à éviter les interactions sociales, ce qui peut entraîner une détérioration des relations personnelles et professionnelles, sans oublier une présence de plus en plus rare lors des activités de groupes, dû à la fatigue. Cette tendance peut conduire à un cercle vicieux, où le manque d’interaction sociale peut aggraver les symptômes d’un potentiel burn-out, qui peut, à son tour, rendre l’isolement social encore plus difficile à surmonter.
L’absentéisme
Les symptômes physiques et mentaux de l’épuisement professionnel peuvent être si graves qu’ils empêchent les employés de se rendre au travail. Cet absentéisme peut devenir un cercle vicieux pour les collaborateurs qui luttent contre le burn-out, car l’absence prolongée peut aggraver la situation et rendre le retour au travail encore plus difficile.
Les signaux faibles de burn-out
Les signaux faibles sont des comportements qui peuvent être un début de diagnostic d’un burn-out mais qui peuvent aussi être le résultat d’autres facteurs. Il faut donc interpréter ces comportements avec des pincettes et ne pas faire de jugements trop hâtifs.
Parmis ces comportements on peut retrouver :
- Un changement dans les habitudes alimentaires avec par exemple une consommation excessive et inhabituelle de caféine.
- Une perte d’appétit ou au contraire, une tendance à manger beaucoup plus que d’habitude.
- Des perturbations dans les relations interpersonnelles.
- Une négligence personnelle et de sa propre hygiène.
Comment mieux repérer les signes d’un burn-out afin de mieux le combattre ?
Il est important de savoir repérer les signes avant-coureurs du burn-out, afin de pouvoir agir rapidement avant que le burn-out se déclare. Il faut aussi prendre en compte les facteurs de risque potentiels qui peuvent exister dans une entreprise, qui alimente le stress et la charge mentale des collaborateurs.
Parmi ces facteurs de risques on peut retrouver : les horaires de travail prolongés qui conduisent à un épuisement physique et cognitif important, les pressions professionnelles accrues et les exigences de travail trop élevées peuvent par exemple générer du stress et faire douter les collaborateurs de leur capacité.
Il existe également des méthodes pour apprendre à mieux repérer des signes qui préviennent un burn-out, et elles ont chacune leurs forces et leurs faiblesses.
Développer son intelligence émotionnelle et faire preuve d’empathie
La compréhension des émotions d’autrui est une compétence qui permet de mieux repérer les signes de burn-out. Tout le monde en est capable : c’est l’intelligence émotionnelle et c’est la capacité à maîtriser ses propres émotions…pour mieux comprendre celles des autres !
Encourager la prise de RDV avec des psychologues du travail
Prendre rendez-vous avec un psychologue du travail, ça peut souvent être stressant. Ça serait avouer que l’on va mal, qu’on est vulnérable. Mais il peut être bénéfique de consulter régulièrement un spécialiste, même quand on pense que tout va bien. Faire des bilans réguliers permet d’être plus lucide sur son état de santé et de mieux prévenir les risques de burn-out.
Libérer la parole sur la QVT, la santé mentale et le burn-out
Pour les mêmes raisons que la prise de RDV avec un psy, il peut être difficile de parler de ses difficultés aux collègues ou au manager. Pourtant, il est important de libérer la parole au sujet de la qualité de vie au travail et de la santé mentale au travail. Il faut créer un cadre où tout le monde pourra s’exprimer sur les problèmes qu’on peut faire face en entreprise et pour éviter toutes situations pouvant à terme, être à l’origine d’un burn-out
Se renseigner sur les signes du burn-out
Pour mieux repérer les signes d’un potentiel burn-out, il faut d’abord savoir ce que c’est. Les informations autour de ce syndrome ne manquent pas et on peut trouver plusieurs ressources sur Internet qui traitent du sujet. Il existe plusieurs webinars sur le sujet, des dizaines des articles ou encore des fiches trouvables évidemment sur Internet et chez plusieurs acteurs de la QVT, pour en apprendre plus sur le burn-out et mieux le prévenir.
En bref
Il est surtout important de se rappeler que le burn-out est un problème sérieux et répandu dans l’entièreté du monde professionnel et que chacun peut être susceptible de le développer. En apprenant à connaître les éléments pouvant déclencher un burn-out, à repérer les signes avant-coureurs de ce dernier et en agissant rapidement pour aider les personnes qui en souffrent, nous pouvons contribuer à prévenir ce syndrome et à promouvoir des environnements de travail sains et durables
Pour savoir votre niveau de burn-out, le plus simple est de faire un test. Ça tombe bien, les chercheurs en psychologie de Moodwork ont développé un test afin d’évaluer votre niveau de risque face au burn-out !
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