Le burn-out est une maladie professionnelle qui toucherait presque un quart des salariés (selon une étude menée par le cabinet Stimulus en 2017) et qui est aujourd’hui reconnu sous certaines conditions par l’OMS. Ce qui n’est pas le cas du bore-out et du brown-out, bien que ces deux syndromes aient également subi des vagues médiatiques importantes ces derniers mois. Pour autant, la proportion de salariés touchés par ces deux syndromes est également importante  ! Déjà en 2011, on estimait que 30% de la population active ferait face au bore-out (Barion & Trebuscq, 2011). En 2017, le cabinet Deloitte estimait également que le brown-out pourrait toucher 55% des salariés.

Quelles sont les différences entre ces trois maladies professionnelles et pourquoi devraient-elles toutes être reconnues ? 

Burn-out, bore-out et brown-out : quelles differences ? 

Le burn-out : l’épuisement par la surcharge

Le burn-out est un syndrome d’épuisement professionnel lié à une surcharge de travail ainsi qu’à un engagement prédominant de la personne. Il est caractérisé par 4 dimensions : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et le cynisme (la personne ne se soucie plus de bien faire son travail) et enfin un sentiment de non accomplissement au travail.

Le bore-out : l’épuisement par l’ennui

Le bore-out lui, est un syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui. À l’inverse du burn-out, le poste de travail se vide de toute activité physique et/ou mentale puis se remplit d’inactivité que le salarié doit absorber. Faute de réflexivité, le travail n’enrichit plus le salarié et en retour, le salarié n’enrichit plus son travail. Les compétences du salarié ne sont alors plus utilisées ni développées. Les valeurs du salarié dans son rapport avec le travail sont également touchées.

Le brown-out : l’épuisement par la perte de sens

Enfin, le brown-out est littéralement « une baisse de courant ». C’est l’expression d’une douleur suite à la perte de sens des objectifs du travail mais également à l’incompréhension de son rôle dans l’entreprise. On parle de lassitude et d’incompréhension. C’est la traduction de perte de sens au travail entraînant une perte d’énergie et de motivation. 

Trois rapports au travail différents

Ces trois pathologies se distinguent par le rapport au travail qu’elles engendrent. En effet, pour le burn-out, le rapport au travail est excessif, ce qui entraîne surcharge et sur-stress, alors que dans le cas du bore-out, le rapport au travail est minime, ce qui entraîne l’ennui du salarié. Le brown-out, à l’inverse, traduit une perte de sens dans le rapport entre le travail et le salarié.  Bien que ces pathologies diffèrent dans les faits, elles engendrent néanmoins les mêmes effets négatifs pour les salariés et pour l’organisation. Bore-out et brown-out auraient donc tout intérêt à être aussi reconnus que le burn-out !

Prévenir l’apparition de ces pathologies en retrouvant un sens 

Pour prévenir l’apparition de ces pathologies, les recherches en psychologie existentielle proposent de rompre avec l’évolution actuelle de la culture du travail et d’engager un travail “existentiel”.  Aujourd’hui, la société nous “impose” de nous épanouir dans notre travail. Il faudrait alors réussir à dépasser cette idée d’épanouissement, savoir être dans l’instant présent et en retirer quelque chose

Le travail existentiel passe notamment par un changement de notre vision du travail, qui permet d’en faire ressortir les aspects positifs. Cette approche permet de re-travailler son rapport au travail, de savoir ce que nous sommes prêts à accepter, d’en relativiser les aspects négatifs. Il faudrait par ailleurs, engager une reconnaissance de ces pathologies par les entreprises, par les collègues, pour en parler et arrêter de faire de ces maladies professionnelles un tabou dans notre société.

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Autrice de l’article : Manon Ryckelynck, étudiante Master PSTO de l’Université Catholique de Lille

Quelques références sur le bore-out, le brown-out et le burn-out

  • Bourion, C. & Trébucq, S. (2011). Le bore-out-syndrome. Revue internationale de psychosociologie, vol. XVII (41), 319-346. 
  • Burn-out, bore-out, brown-out : connaître et gérer les pathologies professionnelles. Consulté sur : https://www.harcelement.eu/bien-etre-travail/burnout-boreout-brownout/
  • Cabinet Stimulus (2017). Observatoire du stress au travail. Sous la direction de Patrick Légeron
  • Deloitte (2017). Sens au travail ou sens interdit ? Pour s’interroger enfin sur le sens au travail.