C’est une question qui revient souvent, que ce soit chez les managers, les DRH ou les responsables QVT en entreprise : comment garantir l’épanouissement professionnel de ses collaborateurs ? Une question épineuse et vaste : il n’existe pas une solution radicale et rapide, qu’on peut adapter à toutes les entreprises. Cela suppose en général un travail de fond, sur l’organisation, les relations dans l’entreprise et les missions proposées. Alors comment faire ? 

L’épanouissement professionnel : de quoi s’agit-il ?

Une définition de l’épanouissement professionnel

Qu’est-ce que l’épanouissement professionnel ? Le fait de se sentir bien dans son travail ? De faire un métier qui corresponde à nos valeurs et dans lequel on se sent utile ? Est-ce l’absence de sentiments négatifs liés à l’activité professionnelle ?

C’est un peu tout cela à la fois. L’épanouissement est en fait très personnel : chacun en aura sa propre conception, puisqu’elle est intimement liée à notre propre subjectivité. Il n’empêche : on peut aussi en dresser une définition générale. L’épanouissement professionnel serait atteint à travers deux objectifs. D’une part, en augmentant les satisfactions positives liées au travail et d’autre part en réduisant les contraintes et les insatisfactions.

Cette conception hédoniste du bien-être, développée par Diener, peut s’appliquer au monde de l’entreprise. Celui-ci sera composé de deux facettes : d’une part, le travail en lui-même, pour lequel les questions de sens, de valeur, de tâches seront primordiales, et d’autre part l’environnement de travail, qui prend en compte l’équipe, le management, les conditions de travail…


Les travaux de Herzberg sur la motivation au travail distinguent ces deux aspects. Il décrit ainsi ce qu’il appelle les « facteurs d’hygiène » ceux qui ont trait à l’insatisfaction : ceux-là concernent les conditions et l’environnement de travail. Pour gagner en motivation, le seuil d’insatisfaction doit être maintenu à un seuil minimal. De l’autre côté, on trouve les facteurs de satisfaction, qui ont trait au travail en lui-même : les missions sont-elles satisfaisantes ? L’emploi a-t-il un sens ? Les besoins d’autonomie et de reconnaissance du travailleur sont-ils satisfaits ?

On trouve une autre définition, basée quant à elle sur une vision eudémoniste du bien-être. Développée par Waterman, elle stipule que chaque individu possède un Daimon, une version accomplie à plein potentiel d’elle-même. L’épanouissement passerait donc par la réalisation de soi et de son Daimon. Dans le cadre professionnel, cela inclut donc notamment la montée en compétences et la quête de sens.

Quelle différence entre épanouissement professionnel et épanouissement personnel ?

L’épanouissement personnel et l’épanouissement professionnel se définissent par une même dynamique de recherche de satisfaction et de diminution de l’insatisfaction, mais diffèrent donc finalement par les facteurs sur lesquels ils reposent. L’épanouissement personnel aura trait aux aspects de la vie quotidienne : vie de famille, vie amoureuse, projets personnels… L’épanouissement au travail sera, quant à lui, lié au cercle professionnel.

Les deux sont cependant liés : votre vie professionnelle aura bien sûr un impact sur votre vie personnelle et vice versa. Si vous vous sentez bien au bureau, cela pourra « déborder » sur votre vie personnelle. De même, si vous êtes en situation de mal-être sur votre lieu de travail, par exemple en burn-out, bore-out ou brown-out, cela se ressentira dans votre vie de tous les jours.

Pourquoi se soucier d’épanouissement au travail ?

L’épanouissement professionnel est un sujet autant pour l’employé, qui se soucie de son propre épanouissement, que pour l’employeur ou le manager, qui se soucie de l’épanouissement des membres de son équipe.

Pour le premier, la réponse est simple : le contraire de s’épanouir, c’est se retrouver dans un état de mal-être qu’on cherche à fuir. Se sentir bien dans son métier aide à se sentir bien dans sa vie en général : il est donc important de travailler dans ce sens.

Pour le manager, l’épanouissement de ses collaborateurs doit aussi être une problématique centrale pour de nombreuses raisons. D’abord, parce qu’un employé épanoui, c’est un employé qui aime son travail et s’y investit. Ensuite, parce qu’à l’opposé, un employé qui n’est pas satisfait, c’est un employé qui ne se sent pas engagé vis-à-vis de l’entreprise. Un taux d’insatisfaction élevé est en général synonyme d’un turnover élevé.

5 facteurs pour favoriser l’épanouissement au travail de vos collaborateurs

Une fois posées ces définitions, on voit donc savoir comment favoriser l’épanouissement professionnel pour ses collaborateurs comme pour soi. Bien sûr, la liste ici dressée n’a pas vocation à être exhaustive et ne saurait couvrir l’ensemble des actions à mettre en place. Les besoins et les attentes de chaque employé peuvent varier grandement d’une situation et d’un environnement de travail à un autre. L’objectif est, d’ici, de dresser une liste des leviers principaux d’épanouissement sur lesquels on peut agir pour se sentir mieux au travail.

Donner du sens et de l’intérêt au travail

La première variable concerne à la fois le sens au travail et l’intérêt que l’on porte à ce travail. Il s’agit d’un facteur intrinsèquement lié à la nature du travail en lui-même : on le classera donc, selon la typologie de Herzberg, dans les facteurs de satisfaction.

  • Le sens

Le sens au travail est une question large (c’est d’ailleurs le thème de la Semaine de la QVT 2022). Pour la résumer en quelques mots, il s’agit de comprendre ce pourquoi on effectue un travail. Qu’apporte-t-il ? Est-il utile ? Bénéfique ?

À l’heure où on parle de plus en plus des bullshit jobs, donner du sens à son travail est de plus en plus primordial pour s’épanouir dans une carrière. Donner des objectifs clairs et atteignables, communiquer de manière transparente sur l’utilité des tâches accomplies par un collaborateur ou sur les réalisations de l’entreprise : tout cela peut contribuer à renforcer cette compréhension chez vos employés ou au sein de votre équipe.

  • L’intérêt

L’intérêt est à dissocier du sens. Il y a, dans l’intérêt, une immédiateté de la satisfaction et du plaisir qu’on éprouve à réaliser une tâche, physique ou intellectuelle. On peut trouver du sens à quelque chose qui ne présente pas d’intérêt, comme on peut trouver de l’intérêt à une tâche qui n’a pas de sens. Il peut se manifester de nombreuses manières différentes selon les individus : certains éprouvent du plaisir à résoudre un problème épineux et challengeant, d’autres à terminer une tâche, quand certains seront plus motivés par les tâches liées au relationnel.

Comment alors susciter l’intérêt pour des tâches qui, parfois, ne plaisent pas à tous ? Il existe de nombreuses méthodes, dont la gamification, qui consiste à transformer en jeu les missions les plus redondantes, en y appliquant les codes du divertissement.

On peut aussi se concentrer sur la réduction des tâches avec peu d’intérêt : il s’agit souvent de tâches répétitives qui peuvent être automatisées.

  • Formation & Progression

Pour maintenir ce sentiment que le travail de vos collaborateurs a du sens et qu’il continue à susciter leur intérêt, les formations sont essentielles. La montée en compétences et l’évolution de carrière sont des moyens de se perfectionner et de tendre vers ce soi idéal dans un cadre professionnel. La progression des équipes est un sujet qui concerne autant l’employé que son manager et les services RH.

Valoriser le travail de ses collaborateurs

Valorisez le travail de vos collègues, de vos employés ou de vos collaborateurs ! Leur donner le sentiment d’être utile et reconnu pour qui ils sont et ce qu’ils font contribuera bien sûr à leur bonheur et leur bien-être. Là encore, plusieurs leviers peuvent être activés pour y parvenir.

  • Définir des objectifs clairs et atteignables

Le sentiment de remplir ses objectifs, de terminer des tâches procure une sensation d’accomplissement. Sans aller jusqu’au micro-management, qui aurait l’effet inverse, fixer des objectifs intermédiaires est aussi un bon moyen de motiver un salarié en lui permettant de se rendre compte que son travail avance et dans le bon sens. Cela pourrait contribuer au développement d’un sentiment d’efficacité personnelle, très important dans la réalisation de soi.

  • Faire preuve de reconnaissance

Être reconnaissant envers le travail accompli par un salarié, c’est aussi reconnaître l’existence, la qualité et l’utilité de ce travail. La reconnaissance peut être informelle, via des remerciements et des félicitations, ou plus formelle, via des entretiens ou des récompenses.

La reconnaissance aide non seulement à valoriser le travail réalisé, mais permet aussi d’installer un climat sain et serein pour vos collègues.

  • Donner de la visibilité sur le travail réalisé

Pourquoi réaliser certaines tâches ? Quel impact cela a-t-il sur l’entreprise ? En donnant avec transparence de la visibilité sur l’utilité du travail réalisé, vous lui donnez aussi du sens et de la valeur.  

Accorder de l’autonomie & faire confiance

Le besoin d’autonomie fait partie des trois besoins psychologiques fondamentaux à la base du bien-être. Accorder de l’autonomie à un collaborateur, c’est lui accorder une liberté plus grande, faire preuve de confiance à son égard, et lui donner des responsabilités.

Un moyen simple pour accorder plus d’autonomie : penser objectif plutôt que tâche. Attention cependant : l’autonomie ne doit pas se transformer en source de stress !

Créer un environnement de travail sain

L’environnement de travail est à prendre en compte quand on parle d’épanouissement au travail. Créer un environnement de travail sain, dans lequel on se sent en sécurité et épanoui, devrait être l’un des objectifs prioritaires de toutes les entreprises qui se soucient de qualité de vie au travail. Là encore, la mise en place d’un tel écosystème peut se faire de nombreuses manières. Voici quelques paramètres à prendre en compte pour faire en sorte que vos collaborateurs se sentent au mieux.

  • Valeurs communes

Partager des valeurs communes avec son entreprise aide en général à renforcer le sens qu’on trouve à son travail. Si les valeurs d’une entreprise sont souvent citées comme un argument marketing, c’en est aussi un pour la marque employeur : avoir des valeurs et œuvrer pour les respecter est un argument de poids et peut-être encore plus pour les nouvelles générations.

  • Respecter l’équilibre vie pro/vie perso

Respecter le droit à la déconnexion et faire en sorte que la vie professionnelle n’empiète pas sur la vie personnelle contribuent aussi bien à l’épanouissement personnel que professionnel. Avoir du temps pour sa famille, ses amis et ses loisirs en dehors du travail permet de se ressourcer et de relâcher la pression et de diminuer le stress. Un bon environnement permet un rythme de vie équilibré.

  • Rémunérations et avantages

Bien sûr, les avantages matériels et financiers offerts par l’emploi sont à considérer quand on parle d’épanouissement professionnel. Un employé qui s’estime sous-payé, que ce soit en regard de son investissement, de sa valeur ajoutée, du niveau de salaire dans l’entreprise ou du marché, le vivra mal.

  • Assurer la sécurité & du matériel adapté

La question de la sécurité dans son job est un critère d’insatisfaction très important : le sentiment de sécurité n’apportera pas, en général, de satisfaction à un salarié. C’est un état, en effet, considéré comme « normal ». Réduire l’insécurité, fournir du matériel de travail adapté, c’est donc réduire l’insatisfaction de son collaborateur et pas augmenter sa satisfaction.

Cela n’en rend pas ce critère moins important au contraire : il est à la base de toute démarche d’amélioration du bien-être ou du bonheur au travail. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante pour l’épanouissement.

  • Encourager l’activité physique

Non seulement le sport au travail permet aux collaborateurs de prendre soin de leur santé physique et mentale, mais améliore aussi l’ambiance et renforce la cohésion. Un programme sport et bien-être permet aux entreprises d’animer leurs salariés et de les encourager à bouger quotidiennement. Il en existe de nombreux, comme par exemple United Heroes.

Les activités sportives sont notamment à favoriser pour les métiers sédentaires qui demandent au salarié de rester assis sur de longues périodes : caissier, employé de bureau, chauffeur de bus sont autant d’exemples.

Intégrer une équipe bienveillante

En plus de cet environnement de travail sain, intégrer une équipe bienveillante est d’une importance cruciale pour être épanoui dans son job. Que ce soit avec l’équipe ou avec le management, les bonnes relations, l’entraide et le respect sont des piliers d’une société saine. Là encore, les effets positifs sont nombreux : réduction du stress et de l’anxiété, sentiment d’appartenance accru, formation personnelle…

L’épanouissement au travail : un lien étroit avec la QVT

L’épanouissement professionnel est en lien étroit avec la QVT. La Qualité de Vie au Travail (QVT) est en effet une démarche qui vise à améliorer le bien-être de vos salariés. Elle s’agence autour de trois axes principaux : les conditions d’emploi et de travail, la capacité à s’exprimer et à agir et le contenu du travail.

Au fond, l’épanouissement au travail est ce qui va différencier la QVT de la simple prévention des RPS (Risques Psycho-Sociaux). Là où les RPS s’occupent de minimiser les risques, la QVT cherche à transformer le travail comme une source de satisfaction et d’accomplissement. Si vous souhaitez aider vos employés à être plus épanouis dans leur emploi, le développement d’une démarche QVT dans votre entreprise est une solution à envisager.

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Comme évoqué plus tôt : travailler à l’épanouissement professionnel de vos salariés dépendra de leurs besoins propres. Chaque entreprise a des problématiques qui lui sont propres et découlent de son industrie, de sa gestion, de son développement, de son organisation…

Pour identifier concrètement comment aider vos employés à se sentir plus épanouis dans leur travail, il vous faut comprendre exactement quels sont leurs besoins.

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