Parmi les principaux ingrédients du bien-être au travail révélés par un rapport réalisé par le cabinet Robert Half (2017), les personnes interrogées placent en priorité le fait d’« être traité équitablement et avec respect ». L’équité correspond à l’idée d’une égalité « juste » qui inclut le mérite individuel, l’effort ou les compétences propres, l’investissement… Au sein d’une entreprise, considérer équitablement tous les collaborateurs est essentiel pour maintenir non seulement un bon climat de travail, mais également pour favoriser l’engagement et la motivation de chaque collaborateur. Quelles sont alors les conséquences d’un manque d’équité au sein de la dynamique d’équipe ?

Comment se manifeste un manque d’équité ?

On parle d’un manque d’équité lorsqu’un salarié est moins bien traité et considéré que ses collègues. Pour le salarié, cela entraîne une double frustration par rapport à la place qu’il occupe au sein de l’entreprise, et en comparaison de ses collègues. En effet, le ratio entre l’investissement qu’il fournit et l’ensemble des avantages qu’il reçoit n’est plus équilibré en soi, mais aussi en comparaison d’autres ratios d’autres membres de l’entreprise. Ainsi, pour rétablir son propre ratio, le salarié réduit en général les efforts à fournir à son travail pour que ceux-ci correspondent aux avantages qu’il reçoit. Cela entraîne :

Une forte démobilisation

Le salarié qui ressent un manque d’équité a tendance à agir sur la partie la moins mesurable de son travail, la qualité. Ainsi, ses efforts se rapprochent du minimum imposé par l’employeur. Il tend à développer des comportements de non-coopération, il manque d’initiative, et peut s’absenter de plus en plus régulièrement. Au lieu d’avoir des salariés engagés, prêts à s’investir au-delà des attentes contractuelles pour contribuer au succès de l’organisation, l’entreprise se retrouve face à des salariés dont le manque de motivation peut peser négativement dans la balance. En effet, il est très difficile d’estimer le coût de toutes les petites tâches que refuse une personne désengagée, le coût du manque d’initiative ou de l’absence de créativité.

Des rétributions pirates

Un salarié souffrant d’un manque d’équité peut également essayer d’augmenter le profit qu’il peut retirer de l’entreprise. Par exemple, il peut soutenir ses revendications en mettant en avant les différences injustes de traitement entre ses collègues et lui. Il peut aussi survaloriser son travail pour obtenir une négociation menant à l’augmentation d’une ou plusieurs composantes de sa rétribution. Dans d’autres cas, il peut rétablir sa justice en détournant certains équipements professionnels pour son usage personnel, augmenter le montant de ses notes de frais, ou réduire son temps de travail en simulant des rendez-vous client à l’extérieur ou des réunions à rallonge. 

Le sabotage de l’équipe

Ce manque d’équité peut amener certains salariés à saboter le travail des collègues estimés mieux traités qu’eux. Rétention d’informations, sollicitations constantes, refus de coopération ou d’aide peuvent faire significativement chuter la productivité du collègue. De fait, l’absence de jeu collectif limite la performance de toute l’organisation et porte atteinte aussi directement au bien-être du collègue ciblé. 

Manque d’équité et santé mentale

Absence de reconnaissance, de considération, perspectives d’évolution professionnelle réduites : le manque d’équité pour un salarié peut altérer durablement la relation qu’il entretient avec son entreprise. En outre, cela peut aussi avoir des conséquences sur la santé même du salarié : des études ont montré qu’un sentiment d’iniquité peut être associé à la survenue de troubles de type burn-out (Pezet-Langevin, 2003).
Grille de salaires, de promotion, de primes, outils objectifs d’évaluation du rendement sont donc à étudier pour garantir un maximum d’équité entre chaque collaborateur !

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